Mon site est-il assez gros pour y vendre de la pub? 7

Cette question m’est survenue deux fois dans la même semaine. Une fois en rencontre et l’autre m’est arrivé par courriel.

Première question : Quel type de site est-ce?

Est-ce un site de contenu, un média en ligne dont le but est d’y éditer et publier des contenus afin d’intéresser les gens? Ou est-ce le site d’une entreprise qui a pour but de vendre des produits ou services? Ou encore est-ce un site institutionnel / gouvernemental?

Pour ce qui est des deux derniers types, il est possible d’y vendre de la pub, mais les usagers y seront réfractaire et les annonceurs aussi. Trouveriez-vous normal ou correct une publicité de SAAB, le fabricant automobile sur le site web du Gouvernement du Canada? Ou encore une pub de Fido (mobile) sur le site de McDonald’s? La réponse est non.

Si c’est un site de contenu, alors oui, les usagers s’attendent à de la publicité. Ils savent trop bien qu’à faute de payer pour le contenu, il faut qu’il se paye autrement, soit par la publicité. Mais encore, est-ce que c’est un contenu amateur ou professionnel? S’agit-il d’un blogue fait comme passe-temps? Ou s’agit-il d’un site rédigé, publié par des gens qui s’y connaissent? L’usager s’attendra à de la publicité sur les deux, mais votre capacité de vente sera grandement affecté par la qualité de votre contenu – peu importe son origine.

Deuxième question : De quel type de contenu s’agit-il? À qui s’adresse-t-il?

Est-ce un contenu auquel vous jugez qu’un annonceur aurait avantage à s’associé? Lorsqu’on est le vendeur de pub, c’est toujours un oui automatique. Mais mettez-vous dans la chaise de l’acheteur de publicité, qu’il soit professionnel (agence) ou amateur (direct). Votre lectorat, votre auditoire et votre contenu est-il favorable à la promotion de mes produits et services (moi dans la chaise de l’acheteur de pub)? Puis-je raisonnablement m’attendre à un retour sur mon investissement qui soit positif? Vais-je gagner quelque chose à positionner mes messages sur cet environnement, auprès de cette cible? Est-ce que l’effort en vaut la peine?

Il y a beaucoup de contenu qui peuvent être jugé risqué pour un annonceur. Au-delà de la pornographie, un site d’opinion ou même un forum, un site de concours ou encore de petites annonces peut-être jugé trop risqué par un annonceur. Trop risqué car il y a possibilité de se faire directement critiquer sa marque, ses produits et / ou ses services là où on tente de s’annoncer = pas trop invitant, c’est quasiment jouer avec le feu. Trop risqué car la cible peut-être jugé comme étant trop cheap ou encore pas dans le bon esprit pour être exposé à mes produits et services. Quelqu’un qui fouille les petites annonces est à la recherche d’un produit de seconde main ou encore à rabais. L’annonceur tente de vendre ses produits à plein prix idéalement. Dans un environnement concours, l’usager n’achètera pas un produit s’il a l’impression qu’il a la chance de le gagner.

Est-ce que le contenu rejoint une grande masse de gens qui partagent ce champ d’intérêt? Ou est-ce qu’il s’adresse à un plus petit publique niché? Si vous vous adressez à tout le monde, il vous faudra une très grande taille (portée (visiteurs uniques) et trafic (pages vues)) pour intéresser les annonceurs. Si votre auditoire est niché, il n’aura pas à être aussi grand avant d’attirer l’intérêt d’un annonceur.

Troisième question : Quand peut-on envisager mettre de la pub sur son site de contenu?

Dès le lancement du site la publicité devrait être présente. Peut-importe quel est l’annonceur ou le type d’affiliation utilisé, vos visiteurs sauront qu’ils doivent s’attendre à de la publicité sur votre site lorsqu’ils le visitent. Si par contre vous avez lancé votre site et tentez d’atteindre une certaine taille avant d’y placer de la publicité, il vous faudra alors (c’est très fortement recommandé) prévenir vos usagers du changement à venir et le pourquoi.

Donc la réponse à retenir, peu importe sa portée espéré ou son contenu, c’est d’inclure la pub sur un site de contenu dès le jour un.

Quatrième question : Comment s’y prendre pour vendre la pub sur son site?

Il y trois façons de s’y prendre vraiment. La première et plus prometteuse à long-terme est d’avoir son équipe de vente publicitaire Internet à l’interne – on est jamais mieux servi que par soi-même, et y’a personne qui connait mieux votre site, son contenu, sa cible et ses possibilités que vous-même. Si vous êtes déjà un média en dehors du web, il vous faudra sensibiliser votre équipe au changement dans leurs responsabilité et les former adéquatement – la vente publicitaire sur Internet n’est pas sorcier, mais ce n’est pas aussi simple que de passer de la vente média dans les journaux aux magazines. Il y a toute une terminologie à assimiler ainsi de certaines connaissances (pas habiletés) techniques à posséder pour savoir répondre aux demande des acheteurs médias Internet qui eux savent ce qu’ils font et ce qu’ils veulent.

La deuxième façon est de mandater une firme externe, souvent appeler une régie publicitaire ou un réseau publicitaire à l’externe. Ici, beaucoup d’options s’offrent à vous. Y’a des firmes avec pignon sur rue à Montréal et/ou Toronto (important pour un site Québécois). Y’a des firmes qui sont outillé pour coucher dehors et qui vous chargeront une haute commission (50% et +) par conséquent, d’autre qui seront prête à prendre une plus petite commission. Y’a des systèmes d’affiliation simples (genre Google AdWords) et toute une gamme d’offres jusqu’à la régie qui vous vendra comme la marque de prestige que vous jugez être. Ceci implique des CPMs vendu variant de 0,50$ à 45$ dépendamment du format, du ciblage et de l’équipe qui vous vend. Un magasinage exhaustif est nécessaire ici car vous voudrez idéalement vous associer pour un minimum de deux ans – vaut mieux prendre la bonne décision et savoir dans quoi on s’embarque.

La troisième façon est le modèle hybride. Avoir son équipe interne pour aller cherches les annonceurs niché de notre domaine, ou régional de notre coin de pays, ainsi que faire affaire avec une équipe de vente externe pour aller chercher les revenus qui nous échappent en agence de publicité, à Toronto, ou simplement pour combler l’inventaire publicitaire invendu par des campagnes peu payantes mais quand même mieux que pas de revenus…

7 comments

  • Mario Soucy dit :

    Très interressant… Combien de visite mensuel faut-il avant qu’une firme externe soit interressé par notre site?

    • Samuel Parent dit :

      La réponse, au delà du traditionnel « ça dépend de plein de choses » est au minimum un 10 000 visiteurs uniques, qui présumé ment reviennent en moyenne 2x par mois. Mais naturellement, le plus ils reviennent souvent, plus cet auditoire vaut chère. Plus ils en parlent à leurs amis et qu’ils sont nombreux à revenir et consulter plus de contenus… beaucoup plus de revenus sont possible.

  • Frédéris Deshaies dit :

    Samuel, depuis près de trois ans Média Kartell offre un service de représentation spécialisée pour les éditeurs québécois (Magazine et web). Nous travaillons à la fois avec les agences et clients directs de Montréal, Toronto et même aux USA.

    Je suis assez d’accord avec toi, pour moi peu importe la grosseur du site. L’important comme tu dis c’est d’avoir un contenu pertinent et recherché par les annonceurs. Un contenu auquel ils voudront s’associer.

    J’ajouterai un petit point à ton billet qui est pour moi une corde sensible. Comme je disais peu importe la grosseur du site mais il faut comprendre qu’en tant qu’éditeur, la grosseur d’achalandage du site aura un impact direct sur l’ampleur des revenus qui pourront être généré.

    Il faut donc s’attendre à générer des revenus modestes si nous n’avons pas l’achalandage nécessaire.

    Merci pour le billet et bonne journée

  • Je me pose justement la question si mon site est assez mûr pour afficher de la pub. Ton article a parfaitement répondu à ma question. très instructif. Merci.

Ajouter un commentaire