Comment rémunérer la rédaction en ligne? 2

Suite à avoir donné un cours en publicité marketing interactif pour IAB Canada, plusieurs de mes « étudiants » me sont revenu avec des questions plus pointu. En voici une qui s’éloigne du marketing, mais reste lié à la pub en quelque sorte. Comment rémunérer les rédacteurs web afin d’être équitable, motiver la pertinence et assurer la rentabilité.

La question :

Nous lançons un site Internet de nouvelles (sur une industrie bien précise). Nous avons quelques collaborateurs (3 journalistes et 1 photographe). Évidemment, dans le monde du magazine imprimé, on paye au feuillet (20 cents le mot environs) parce que les annonceurs donnent des montants forfaitaires pour les pubs (ex 1 000 $ la page). Étant donné la migration du lectorat au Web et sa réalité économique (les annonceurs payant à l’affichage ou à la performance), on voudrait payer nos journalistes et photographes selon la performance de leurs articles (par affichage également). Cela encouragerait la pertinence du contenu afin de générer plus de trafic « vendable » et donc assurerait (un peu plus) la rentabilité.

À votre avis et selon votre expérience quel serait le « ballpark » de rémunération pour ce genre de travail?

Ma réponse :

Après y avoir pensé longuement, je n’ai vraiment aucune idée concrète de « montant ballpark ».

Cela dépend largement de 1) du trafic que votre site générera et 2) des revenus que vous réaliserez par la publicité ou autres moyens.

Établir un taux « par mille » pour rémunérer les rédacteurs exige que vous connaissiez non seulement ces deux données mais que vous ayez un historique sur laquelle vous baser pour estimer l’avenir, pour budgéter. Un taux trop bas découragera les rédacteurs après un certain temps lorsqu’ils réaliseront qu’ils travaillent pour des miettes. Un tarif trop élevé les encouragera à en produire beaucoup plus, mais A) votre rentabilité en sera impacté invariablement et B) vos ventes médias ou autres revenus devront assurément être au rendez-vous.

Il y a beaucoup d’imprévu pour un « star-up » comme la vôtre.

Je vous propose 2 alternatives :

1-       Maintenez le statu quo. Payez vos journalistes et photographes comme dans d’autres médias, peut-être les convainquiez vous d’un taux plus bas car jusqu’à nouvel ordre, vos revenus sont loin d’être assuré – cela pourra être revu dans 6-12 mois selon l’évolution de votre projet.

2-       Établissez un taux plus bas claire et net mais avec un partage sur les profits. Ouvrez-leur vos livres, expliquez leur votre réalité et encouragez-les à participer au projet avec vous. Si tous rament dans le même sens, tous devraient en sortir gagnant. Sinon, vous aurez appris des leçons qui elles auront une grande valeur pour vos prochains projets.

2 comments

  • PG Martin dit :

    Pas certain que payer à la performance est une bonne solution pour l’équilibre de la pertinence de l’information. Ce n’est pas parce qu’il est très lu qu’un article est nécessairement pertinent.
    Par ailleurs, il y a tellement d’éléments qui entrent en jeu pour générer du trafic: le titre, le chapeau, la manière d’aller chercher le lecteur, le rayonnement, le SEO, la qualité du lectorat, etc. Le journaliste ne contrôle pas ces éléments quand il rédige et vous livre son article. Difficile d’accepter d’être rémunéré à la performance si on ne contrôle tous ces éléments.

    • Totalement d’accord avec toi, de là ma recommandation d’étudier la situation plus longuement avant de s’avancer sur ce terrain. Un modèle hybride incluant cela pourrait être intéressant, mais pas purement sur performance car comme vous l’indiquer, cela ne dépend pas seulement du rédacteur.

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